Après la crémation : savoir ce qui vient ensuite

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La crémation répond à une question importante, mais elle ne répond pas à toutes les questions.

Une fois les funérailles terminées et les proches retournés à leur quotidien, l’urne demeure. Elle peut être placée sur une tablette, rangée dans une armoire ou confiée temporairement à un membre de la famille, en attendant que tous s’entendent sur ce qui doit arriver par la suite.

Parfois, la décision est prise rapidement. Dans d’autres familles, les mois deviennent des années.

Ce délai est compréhensible. Choisir un lieu de repos permanent pour les cendres d’un être cher peut être vécu comme un nouvel adieu. Cette décision nous oblige à accepter la finalité de la mort et à déterminer comment  et où une vie sera commémorée.

Toutefois, décider de ce qu’il adviendra des restes cinéraires constitue une partie importante de la planification de fin de vie. Cette décision offre des directives claires aux proches, assure le respect de la personne décédée et crée un lieu durable où sa mémoire pourra être préservée.

Une question à laquelle les familles ne s’attendent pas toujours

De nombreuses personnes choisissent la crémation parce qu’elle leur semble simple et souple. Elle peut donner aux familles davantage de temps pour organiser un rassemblement, permettre aux proches qui vivent loin de participer ou examiner différentes possibilités de commémoration.

Cette souplesse peut également créer de l’incertitude.

Qui conservera les cendres? Devraient-elles être inhumées, déposées dans une niche ou partagées entre différents membres de la famille? La dispersion des cendres est-elle permise à l’endroit choisi? Qu’arrivera-t-il à l’urne lorsque la personne qui en a la garde déménagera, habitera dans un logement plus petit ou décédera à son tour?

Ces questions sont d’ordre pratique, mais elles sont aussi profondément émotives. Lorsqu’elles demeurent sans réponse, la responsabilité est souvent transmise à la génération suivante, parfois sans que celle-ci connaisse les volontés de la personne décédée.

Une urne qui devait rester temporairement dans une résidence familiale peut éventuellement devenir une responsabilité que personne ne se sent prêt à assumer.

Les restes cinéraires ne représentent pas la fin de l’histoire

Les cendres sont bien plus qu’un objet à entreposer. Elles sont les restes physiques d’une personne qui a vécu, aimé et compté pour les autres.

Le choix d’un lieu de repos permanent reconnaît toute l’importance de cette vie.

Pour certaines familles, il s’agit d’une inhumation dans un lot de cimetière, peut-être aux côtés d’un conjoint, d’une conjointe, d’un parent ou d’un autre membre de la famille. Pour d’autres, il s’agit d’un placement dans une niche de columbarium, où le nom de la personne pourra être inscrit de façon permanente. Les jardins commémoratifs et d’autres possibilités offertes dans les cimetières peuvent également créer un lien significatif entre le souvenir et la nature.

Il n’existe pas une seule option convenant à toutes les familles. Ce qui importe, c’est que la décision soit réfléchie, conforme aux lois et clairement communiquée.

Un lieu permanent donne une destination au deuil. Il offre aux proches un endroit où se recueillir lors des anniversaires de naissance ou de décès, ou pendant ces moments tranquilles où ils souhaitent simplement se sentir près de la personne qui leur manque.

Il crée également un lieu pour les générations futures.

Que se passe-t-il en l’absence d’un plan?

Conserver les cendres à la maison est un choix personnel tout à fait valable, mais il devrait tout de même s’accompagner d’un plan à long terme.

Les maisons sont vendues. Les familles déménagent. Les relations évoluent. Les urnes peuvent être égarées, endommagées ou confiées à une personne qui n’a jamais connu celle dont elles contiennent les restes.

Sans directives claires, les proches peuvent être en désaccord sur ce qui devrait être fait. Une personne peut souhaiter une inhumation, une autre peut préférer la dispersion des cendres, tandis qu’une autre peut tenir à ce que l’urne demeure au sein de la famille.

Ces désaccords découlent rarement d’un manque d’affection. Ils reflètent plutôt différentes perceptions de ce que signifient le respect et la commémoration.

La planification permet de réduire considérablement cette incertitude.

En consignant vos volontés et en en discutant avec vos proches, vous leur donnez des indications claires à un moment où il pourrait être particulièrement difficile de prendre des décisions.

Une décision concernant la mémoire

Décider de ce qu’il adviendra des cendres ne consiste pas seulement à choisir une urne ou à acheter un emplacement dans un cimetière. Il s’agit d’une décision concernant la mémoire.

Où votre histoire sera-t-elle préservée?

Où votre nom sera-t-il inscrit?

Comment pourra-t-on vous retrouver dans 20, 50 ou 100 ans?

Un monument commémoratif permanent établit un lien entre une vie, une famille, une communauté et un lieu. Il témoigne du passage de cette personne et affirme que sa vie mérite toujours d’être reconnue.

Les cimetières jouent un rôle important dans la protection de ce lien. Ils offrent la pérennité, des soins professionnels et un registre public qui ne peuvent pas toujours être maintenus lorsque les restes cinéraires demeurent sous la responsabilité de particuliers.

Amorcer la conversation avant qu’elle ne devienne urgente

Parler de ce qu’il adviendra des cendres peut être difficile, mais la conversation n’a pas à être sombre.

Elle peut commencer par quelques questions simples :

Où souhaiteriez-vous que l’on se souvienne de vous? Préféreriez-vous une inhumation ou un placement dans un columbarium? Existe-t-il un lot familial ou un cimetière qui revêt une importance particulière pour vous? Qui devrait être responsable de respecter vos volontés?

Ces discussions peuvent révéler ce qui compte le plus pour une personne : la famille, la foi, la nature, le service militaire, la communauté ou le lien avec un lieu particulier.

La planification préalable permet également de prendre le temps de comprendre les possibilités offertes, de vérifier les exigences légales et celles du cimetière, ainsi que de prendre des dispositions financières sans subir la pression qui accompagne un décès.

Plus important encore, elle remplace les suppositions par des certitudes.

Offrir au deuil un lieu où se déposer

Le deuil ne prend pas fin lorsque les cendres sont déposées dans leur lieu de repos définitif. Il ne devrait d’ailleurs pas en être ainsi.

Toutefois, un lieu permanent peut transformer l’expérience du souvenir. L’urne n’est plus en attente d’une décision. La famille n’a plus à porter une responsabilité non résolue. Le nom, l’histoire et la place de la personne au sein de la communauté peuvent être préservés.

Nous planifions soigneusement de nombreuses étapes importantes de notre vie. Nous choisissons où nous vivrons, comment nous célébrerons et ce que nous espérons laisser en héritage. Décider de ce qu’il adviendra de nos cendres mérite la même attention.

La question n’est pas seulement : « Que devrait-il arriver à mes restes? »

Elle est aussi : « Où les personnes qui m’aiment pourront-elles me retrouver? »

Connaître la réponse constitue un dernier cadeau que nous pouvons leur offrir.