Parler de ce qu’il adviendra de nos cendres peut être difficile. Pour de nombreuses personnes, cela signifie devoir aborder des questions liées à la mort, au deuil et à la façon dont elles souhaitent que leur souvenir soit préservé.
Toutefois, cette conversation n’a pas à être sombre.
Fondamentalement, la planification préalable ne concerne pas uniquement la mort. Elle vise aussi à éviter que les personnes que nous aimons aient à prendre des décisions difficiles pendant l’une des périodes les plus éprouvantes de leur vie.
Une conversation réfléchie aujourd’hui peut prévenir l’incertitude, les désaccords et un stress supplémentaire demain.
La crémation n’élimine pas la nécessité de planifier
La crémation est souvent choisie en raison de la souplesse qu’elle offre. Les familles peuvent disposer de plus de temps pour organiser une cérémonie, réunir leurs proches ou examiner différentes possibilités de commémoration.
Cette souplesse peut être précieuse. Elle peut également faciliter le report de certaines décisions.
Une urne peut être placée dans une résidence familiale en attendant qu’une décision permanente soit prise. Les mois peuvent devenir des années, et la responsabilité des cendres peut éventuellement être transmise à un autre membre de la famille.
La question n’est pas seulement de savoir si une personne souhaite être incinérée. Il faut également déterminer ce qui se passera après la crémation.
Les cendres devraient-elles être inhumées dans un cimetière? Devraient-elles être déposées dans un columbarium? Existe-t-il déjà un lot familial? Les cendres devraient-elles rester ensemble ou être partagées entre différents membres de la famille? Qui aura la responsabilité de veiller au respect de ces volontés?
Sans réponses claires, les proches pourraient devoir tenter de deviner ce que la personne aurait souhaité.
Commencez par des questions simples
La conversation n’a pas à permettre de régler tous les détails immédiatement. Elle peut commencer par quelques questions simples :
Où souhaiteriez-vous que l’on se souvienne de vous?
Préféreriez-vous une inhumation ou un placement dans un columbarium?
Existe-t-il un lot familial ou un cimetière qui revêt une importance particulière pour vous?
Souhaiteriez-vous que votre nom soit inscrit sur un monument commémoratif permanent?
Y a-t-il des traditions culturelles, spirituelles ou religieuses qui devraient être respectées?
Qui devrait être responsable de mettre vos volontés à exécution?
Ces questions sont d’ordre pratique, mais les réponses révèlent souvent quelque chose de plus profond. Elles peuvent montrer l’importance qu’une personne accorde à la famille, à la foi, à la communauté, à la nature, au service militaire ou à son lien avec un lieu particulier.
Une personne peut souhaiter reposer aux côtés de son conjoint ou de sa conjointe. Une autre peut vouloir demeurer près de ses parents. Un ancien combattant ou une ancienne combattante peut ressentir un lien durable avec la communauté au service de laquelle il ou elle s’est engagé. D’autres personnes souhaitent simplement avoir un lieu paisible où leurs enfants et leurs petits-enfants pourront venir se recueillir.
L’objectif de la conversation n’est pas d’imposer un choix particulier. Il s’agit de comprendre ce qui compte véritablement pour la personne.
Remplacez les suppositions par une compréhension commune
Les familles croient souvent déjà savoir ce qu’un être cher souhaiterait.
Cette conviction peut reposer sur un commentaire fait plusieurs années auparavant ou sur une compréhension générale des valeurs de la personne. Toutefois, lorsque vient le moment de prendre une décision définitive, ces suppositions peuvent ne pas être suffisantes.
Un membre de la famille peut se souvenir que la personne souhaitait que ses cendres soient dispersées. Un autre peut croire qu’elle voulait être inhumée auprès de son conjoint ou de sa conjointe. Une autre personne peut être fermement convaincue que l’urne devrait demeurer au sein de la famille.
Ces désaccords ne témoignent pas nécessairement d’un conflit ou d’un manque d’affection. Ils surviennent généralement parce que chaque personne tente d’honorer la personne décédée de la façon qu’elle juge la plus appropriée.
Des directives claires permettent d’éliminer ce fardeau.
Elles donnent aux membres de la famille la possibilité de se concentrer sur leur deuil, leurs souvenirs et le soutien mutuel plutôt que de devoir débattre de ce que la personne aurait pu souhaiter.
Pensez à long terme
Une décision qui convient aujourd’hui pourrait ne pas être viable indéfiniment.
Si les cendres sont conservées à la maison, qui en prendra soin à l’avenir? Que se passera-t-il si cette personne déménage, emménage dans un logement plus petit ou décède? La prochaine génération comprendra-t-elle l’importance de l’urne? Saura-t-elle à qui appartiennent les restes qu’elle contient ou ce qu’elle doit en faire?
Ces questions ne visent pas à décourager les familles de conserver les cendres à la maison. Elles permettent plutôt d’éviter qu’un choix temporaire devienne une responsabilité non résolue.
Un lieu de repos permanent peut assurer une continuité. Il crée un lieu qui ne dépend pas d’une seule personne, d’une seule résidence ou d’une seule génération.
Il permet également de veiller à ce que le nom et l’histoire de la personne demeurent liés à un endroit où les générations futures pourront les retrouver.
Renseignez-vous sur les options offertes
La planification préalable donne aux familles le temps d’examiner leurs options sans subir la pression qui accompagne un décès.
Les restes cinéraires peuvent être inhumés dans un lot traditionnel, déposés dans un lot de dimensions plus petites réservé aux urnes ou placés dans une niche de columbarium. Selon le cimetière, les familles peuvent également avoir accès à des concessions familiales, à des jardins commémoratifs ou à d’autres options conçues expressément pour les restes cinéraires.
Chaque choix comporte différentes considérations pratiques. Les familles peuvent notamment tenir compte de l’accessibilité, de l’emplacement, de l’entretien, des possibilités de commémoration, des coûts et de la possibilité de réunir des conjoints ou d’autres membres de la famille.
Elles devraient également vérifier les exigences juridiques, municipales ou propres au cimetière avant de prendre des dispositions pour disperser, inhumer ou transporter des restes cinéraires.
Une discussion avec un conseiller ou une conseillère en planification de cimetière peut aider les familles à comprendre leurs options et à prendre des décisions fondées sur des renseignements exacts plutôt que sur des suppositions.
Consignez vos volontés par écrit
Une conversation constitue un point de départ important, mais elle ne devrait pas être le seul témoignage des volontés d’une personne.
Les décisions devraient être consignées par écrit et communiquées aux personnes qui seront chargées de les respecter. Les documents pertinents devraient être conservés dans un endroit accessible, et les membres de la famille devraient savoir où les trouver.
Il est également important de revoir le plan lorsque les circonstances changent.
Les familles s’agrandissent. Les personnes déménagent. Les relations évoluent. Un cimetière qui semblait autrefois éloigné peut acquérir une nouvelle signification, ou un lot familial peut devenir disponible. La révision périodique de vos volontés permet de veiller à ce qu’elles correspondent toujours à vos valeurs et à votre situation.
Une conversation fondée sur la bienveillance
La planification préalable est parfois perçue comme une démarche trop pratique ou impersonnelle. En réalité, elle constitue un geste de bienveillance.
Elle tient compte du fait que le deuil peut rendre difficiles même les décisions les plus simples. Elle donne des indications claires aux proches à un moment où ceux-ci pourraient ne pas avoir la capacité émotionnelle nécessaire pour examiner les différentes options, comparer les coûts ou concilier des opinions divergentes.
Elle offre aussi l’occasion de réfléchir à l’héritage que nous souhaitons laisser.
Comment voulez-vous que l’on se souvienne de vous? Quels aspects de votre vie devraient demeurer visibles? Où les générations futures devraient-elles pouvoir trouver votre nom et découvrir que vous avez vécu?
Ces questions ne concernent pas uniquement la mort. Elles portent aussi sur l’identité, l’appartenance et la place durable que nous occupons au sein d’une famille.
N’attendez pas le moment parfait
Il n’y aura peut-être jamais de moment parfait pour entamer cette conversation.
Elle peut avoir lieu au moment de rédiger un testament, de revoir ses plans financiers, de visiter un cimetière familial ou de parler des funérailles d’une personne que l’on connaissait. Elle peut commencer autour d’un café par une phrase toute simple : « Je veux que vous sachiez ce que je souhaiterais. »
La première conversation peut être brève. Ce n’est pas grave.
Ce qui importe, c’est de créer une ouverture permettant d’exprimer ses volontés, de poser des questions et, éventuellement, de prendre des décisions.
Attendre qu’un décès survienne réduit le temps disponible ainsi que la liberté de choix et l’espace émotionnel nécessaires. Entamer la conversation à l’avance permet de l’avoir calmement, de façon réfléchie et ensemble.
Surtout, cette démarche remplace les suppositions par des certitudes.
Savoir ce que vous voulez et veiller à ce que votre famille le sache également est l’un des cadeaux les plus concrets et les plus bienveillants que vous puissiez lui laisser.




