Quand nous parlons de simplicité, que voulons-nous vraiment dire?

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« Je veux simplement quelque chose de simple. »

C’est l’une des phrases que nous entendons le plus souvent lorsque les familles discutent des arrangements funéraires. Parfois, elle vient d’une personne qui souhaite planifier ses propres arrangements. D’autres fois, elle est prononcée par une famille qui cherche à respecter les volontés d’un être cher décédé.

« Je ne veux pas qu’on en fasse toute une histoire. »

« Rien de trop élaboré. »

« Je veux simplement quelque chose de simple. »

Ces paroles nous sont familières et elles témoignent souvent d’un profond amour et d’une grande considération envers les autres. Personne ne souhaite imposer un fardeau inutile à sa famille. Personne ne veut que ses proches se sentent dépassés par les attentes, les traditions ou les dépenses.

Mais lorsque nous employons le mot simple, il y a une question importante qui mérite réflexion.

La simplicité ne signifie pas qu’il ne faut rien faire. Elle ne signifie pas non plus l’absence de réflexion, d’émotion ou de sens.

En réalité, ce sont parfois les moments les plus simples qui laissent les souvenirs les plus durables.

Que signifie réellement la simplicité?

Lorsque nous pensons à des funérailles simples, nous avons souvent tendance à réfléchir à ce que nous pouvons éliminer. Moins de personnes. Moins de formalités. Moins de préparatifs. Moins de temps. Moins de dépenses.

Mais si nous abordions cette réflexion autrement?

Au lieu de nous demander ce que nous pouvons retirer, pourquoi ne pas nous demander ce que nous souhaitons véritablement préserver?

Pensez à la personne que vous aimez. Qu’est-ce qui la rendait unique? Quel souvenir vous ferait sourire en pensant à elle? Quelle histoire aimeriez-vous que ses petits-enfants connaissent? Qu’est-ce qui pourrait apporter du réconfort aux personnes réunies pour lui dire adieu?

Il s’agit peut-être de faire jouer sa chanson préférée à un moment particulier. De présenter une photographie qui reflète parfaitement sa personnalité. Ou encore de permettre à quelqu’un de raconter une anecdote amusante dont tout le monde se souvient, mais que personne n’a évoquée depuis des années.

Il peut aussi s’agir simplement de se réunir autour d’une table, de partager un repas et de se remémorer les moments passés avec la personne qui occupait autrefois une place parmi nous.

Aucun de ces gestes n’a besoin d’être compliqué ou coûteux. Aucun ne nécessite une grande cérémonie ou une organisation élaborée.

Mais chacun exige quelque chose d’essentiel : une intention.

Et c’est cette intention qui transforme un rassemblement simple en un geste de commémoration profondément significatif.

Nous passons notre vie à créer des souvenirs. Pourquoi en serait-il autrement à la fin?

Tout au long de notre vie, nous soulignons les moments importants.

Nous célébrons les anniversaires, les remises de diplômes et les mariages. Nous nous réunissons à l’occasion de départs à la retraite, de rencontres familiales et d’innombrables autres événements qui nous rapprochent.

Certaines de ces célébrations sont grandioses. D’autres se résument à quelques personnes réunies autour d’une table de cuisine.

Ce qui leur donne toute leur importance, ce n’est pas leur ampleur. Ce sont les personnes présentes, les liens qui les unissent et les souvenirs qui en découlent.

Il devrait en être de même lorsque vient le temps de dire adieu.

Des funérailles, une cérémonie commémorative ou une célébration de la vie ne constituent pas simplement un événement organisé à la suite d’un décès. Il s’agit d’une occasion de reconnaître une vie qui a été vécue. Ces moments permettent aux proches de se réunir, de reconnaître leur perte, de se soutenir mutuellement et de partager les histoires qui les relient à une personne qui occupait une place importante dans leur vie.

Ils offrent également l’occasion de commencer à comprendre ce que sera la vie en l’absence de cette personne.

Et cela mérite une réflexion.

Pas nécessairement davantage d’argent. Pas nécessairement davantage de personnes. Et certainement pas davantage de cérémonial simplement pour respecter les conventions.

Seulement une réflexion sincère.

Car lorsque nous affirmons qu’une personne était importante pour nous, nous devrions nous accorder la possibilité d’exprimer pourquoi.

La différence entre choisir la simplicité et ne rien faire

Nous avons de plus en plus tendance à envisager la planification funéraire principalement sous l’angle des démarches à accomplir.

Que faut-il organiser? Quelles décisions doivent être prises? Quelles étapes pouvons-nous éviter?

Ce sont des questions pratiques et nécessaires, particulièrement lorsque les familles traversent une période de deuil.

Mais il existe une différence entre prendre des dispositions funéraires et créer une occasion de se souvenir.

Une famille peut, par exemple, choisir la crémation et décider de ne pas organiser de funérailles traditionnelles. Il s’agit d’un choix tout à fait légitime. Toutefois, le choix de la crémation n’exclut pas la possibilité d’organiser un rassemblement significatif, un moment de recueillement ou une occasion de partager des souvenirs.

La décision pratique concernant les dispositions à prendre après un décès et la décision personnelle concernant la manière dont une personne sera honorée ne sont pas nécessairement une seule et même chose.

L’une ne doit pas obligatoirement déterminer l’autre.

Il n’est pas nécessaire de respecter une tradition particulière, d’organiser une cérémonie officielle ou d’inviter un grand nombre de personnes. Pour certaines familles, l’intimité est primordiale. Pour d’autres, le fait de rassembler les proches constitue une étape essentielle du dernier adieu.

L’important est de comprendre qu’il s’agit de choix.

Une cérémonie simple devrait être un choix réfléchi qui correspond à nos valeurs, et non le résultat de l’idée selon laquelle la simplicité signifie qu’il n’y a rien à faire.

De quoi votre famille se souviendra-t-elle?

Imaginons deux familles qui souhaitent toutes deux organiser quelque chose de simple.

La première décide de ne pas organiser de rassemblement parce que la personne décédée avait exprimé le souhait que l’on n’en fasse pas toute une histoire. La famille respecte cette volonté, mais dans les semaines qui suivent, certains proches se demandent s’ils n’ont pas manqué une occasion de se retrouver, de partager des souvenirs et de reconnaître ensemble leur perte.

La deuxième famille prend également la décision de ne pas organiser de funérailles traditionnelles. Elle invite plutôt un petit groupe de proches à se réunir. On fait jouer une chanson préférée, on raconte quelques histoires, on rit en évoquant des souvenirs presque oubliés et on passe un après-midi ensemble.

Aucune de ces familles n’avait besoin d’une cérémonie élaborée. Aucune n’avait besoin de suivre un protocole particulier.

Mais la deuxième famille a créé un moment dont les participants pourront conserver le souvenir.

Cela ne signifie pas que toutes les familles doivent se réunir ni qu’un hommage privé est moins significatif. Pour certaines personnes, un adieu discret correspond exactement à leurs besoins.

Cet exemple nous rappelle simplement que le souvenir peut prendre de nombreuses formes et que même le geste le plus modeste peut avoir une portée durable.

Des années plus tard, les gens ne se souviendront peut-être pas des détails des arrangements funéraires. Ils auront peut-être oublié les fleurs, le déroulement de la cérémonie ou l’ordre des interventions.

Mais ils se souviendront peut-être de l’histoire qui a fait rire tout le monde. De la chanson qui a ravivé un souvenir. Du réconfort ressenti en s’asseyant auprès d’une personne qui comprenait leur peine.

Ce sont ces moments qui restent gravés dans nos mémoires.

Et si nous en parlions avant d’y être obligés?

L’un des plus beaux cadeaux que nous puissions offrir à notre famille est de lui faire connaître clairement nos volontés.

Lorsqu’une personne affirme vouloir quelque chose de simple, il vaut la peine de prendre le temps de comprendre ce qu’elle entend réellement par là.

Souhaite-t-elle un petit rassemblement? Préfère-t-elle éviter les traditions religieuses? Veut-elle limiter les dépenses? Souhaite-t-elle célébrer la vie plutôt que de mettre l’accent sur la mort? Ou pense-t-elle à quelque chose de complètement différent?

Sans cette conversation, les familles doivent souvent interpréter quelques paroles au cours de l’une des périodes les plus éprouvantes de leur vie.

Et cela peut être difficile.

Planifier à l’avance ne signifie pas nécessairement décider de chaque détail de ses futures funérailles. Il s’agit plutôt d’exprimer ce qui compte pour soi et de donner à sa famille la confiance nécessaire pour prendre des décisions qui respectent ses volontés.

Peut-être souhaitez-vous que l’on fasse jouer votre musique préférée. Peut-être préférez-vous que les gens racontent des histoires plutôt que de prononcer des discours officiels. Peut-être aimeriez-vous que votre famille se réunisse dans un lieu qui vous est cher ou qu’elle passe simplement du temps ensemble.

Quelles que soient vos volontés, en parler dès aujourd’hui peut contribuer à faire de la simplicité un choix réfléchi plutôt qu’une source d’incertitude.

Cela permet également à votre famille de se sentir libre de vous rendre hommage d’une manière naturelle et personnelle.

La simplicité devrait avoir une signification particulière

Au Cimetière Beechwood, nous accueillons des familles issues de milieux, de cultures, de traditions et de croyances très variés. Chacune possède sa propre conception de ce que signifie rendre hommage à un être cher.

Certaines choisissent de grandes cérémonies. D’autres privilégient les rassemblements intimes. Certaines trouvent du réconfort dans des traditions bien établies, tandis que d’autres souhaitent créer une cérémonie qui leur ressemble entièrement.

Il n’existe pas une seule façon de rendre hommage à une vie.

Et personne ne devrait se sentir obligé d’organiser des funérailles plus importantes, plus coûteuses ou plus élaborées que ce qui lui convient.

Nous croyons toutefois qu’il est important d’encourager les familles à regarder au-delà des arrangements eux-mêmes et à réfléchir à ce que signifie pour elles le devoir de mémoire.

Car une vie représente bien plus que les dispositions prises à son terme.

Elle est faite de relations, d’expériences partagées, de traditions familiales, de rires, de défis, de réalisations et d’innombrables moments du quotidien qui deviennent extraordinaires lorsque nous nous les remémorons.

Honorer cette vie n’a pas besoin d’être compliqué.

Parfois, il suffit d’une histoire, d’une chanson, d’une photographie ou de quelques personnes réunies.

La prochaine fois que vous vous surprendrez à dire « Je veux simplement quelque chose de simple », prenez un instant pour réfléchir à ce que vous voulez réellement exprimer.

Qu’est-ce qui compte le plus pour vous? Qu’est-ce qui pourrait apporter du réconfort à votre famille? Qu’est-ce qui aiderait vos proches à se souvenir non seulement de votre décès, mais surtout de la manière dont vous avez vécu?

Voilà les questions qui méritent d’être posées.

À Beechwood, nous croyons que la planification d’un dernier adieu significatif commence par une conversation, et non par une liste de tâches à accomplir. Elle commence par une compréhension de la personne, de sa famille et des souvenirs qu’elle souhaite transmettre.

Car la simplicité ne devrait jamais signifier que rien n’a d’importance.

Elle devrait plutôt signifier que nous choisissons de mettre l’accent sur ce qui compte vraiment.

Et parfois, c’est la façon la plus significative de dire adieu.