Vingt-cinq ans plus tard : se souvenir du 11 septembre et du sacrifice du Canada

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Le 11 septembre 2001, le monde a été témoin d’un acte terroriste qui a changé le cours de l’histoire.

Près de 3 000 personnes ont été tuées après le détournement de quatre avions commerciaux. Deux d’entre eux ont percuté les tours du World Trade Center, à New York, un troisième s’est écrasé contre le Pentagone, en Virginie, et le quatrième s’est écrasé près de Shanksville, en Pennsylvanie, après que les passagers et les membres de l’équipage eurent tenté de reprendre le contrôle de l’appareil.

Parmi les personnes tuées se trouvaient 24 Canadiens.

Vingt-cinq ans plus tard, l’ampleur de cette tragédie demeure difficile à concevoir. Derrière chaque chiffre se trouvait une personne : un parent, un conjoint, un enfant, un frère, une sœur, un collègue ou un ami. Leur décès a laissé un vide permanent au sein de familles et de collectivités aux États-Unis, au Canada et ailleurs dans le monde.

Se souvenir des Canadiens qui ont perdu la vie

Au Cimetière Beechwood, le cimetière national du Canada, le Monument commémoratif du 11 septembre offre un lieu permanent où honorer la mémoire des 24 Canadiens qui ont perdu la vie.

Inauguré le 15 septembre 2002, ce monument a été l’un des premiers érigés à la suite des attentats. Il demeure le seul monument au Canada consacré expressément aux Canadiens tués le 11 septembre 2001.

La plaque porte une inscription simple, mais puissante :

« IN REMEMBRANCE OF THE CANADIANS LOST
À LA MÉMOIRE DES VICTIMES CANADIENNES
SEPTEMBER 11 SEPTEMBRE 2001. »

Le monument a été conçu à l’initiative de Tania Turpin, membre du personnel de Beechwood, qui avait reconnu la nécessité d’offrir aux Canadiens un lieu national où se rassembler, faire leur deuil et partager leur chagrin. Il a été érigé avec l’appui de partenaires communautaires et des familles des victimes.

Vingt-cinq ans plus tard, il demeure un important lieu de recueillement. Il veille à ce que les Canadiens décédés ne soient pas seulement considérés comme faisant partie d’un événement historique, mais qu’ils soient également reconnus comme des personnes dont la vie avait une valeur et une signification profondes.

Une tragédie sans frontières

Bien que les attentats aient eu lieu aux États-Unis, leurs répercussions ont immédiatement traversé la frontière.

Lorsque l’espace aérien américain a été fermé, le Canada a lancé l’opération Ruban jaune. Les aéroports canadiens ont accueilli 224 avions détournés de leur trajectoire, transportant plus de 33 000 passagers. Partout au pays, des collectivités ont ouvert leurs écoles, leurs églises, leurs centres communautaires et leurs résidences privées à de parfaits inconnus.

À Gander, Halifax, St. John’s, Moncton, Vancouver et dans de nombreuses autres collectivités, des Canadiens ont offert de la nourriture, un hébergement, des vêtements, du transport et du réconfort. Ces gestes de compassion font désormais partie intégrante de l’histoire du 11 septembre.

La réponse du Canada a démontré que l’amitié entre les pays se mesure véritablement dans les moments de crise. Lorsque les États-Unis ont été attaqués, les Canadiens ne sont pas restés à l’écart. Ils ont accueilli les voyageurs immobilisés, soutenu les collectivités endeuillées et manifesté leur solidarité envers leur plus proche voisin.

Le Canada répond à l’appel

Les attentats ont également marqué le début d’une période beaucoup plus longue de service et de sacrifice pour le Canada.

Pour la première fois de son histoire, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord a invoqué l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, selon lequel une attaque contre un membre de l’Alliance est considérée comme une attaque contre tous ses membres. Le Canada s’est joint à ses alliés pour répondre à la menace du terrorisme international.

De 2001 à 2014, plus de 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont servi en Afghanistan. Des diplomates, des policiers, des fonctionnaires, des travailleurs humanitaires et d’autres civils canadiens ont également contribué à la mission. Ils ont travaillé à lutter contre le terrorisme, à améliorer la sécurité, à soutenir les efforts de reconstruction et à contribuer au développement d’institutions essentielles.

Le coût de cette mission a été considérable.

Au total, 158 membres des Forces armées canadiennes et sept civils canadiens,  un diplomate, quatre travailleurs humanitaires, un entrepreneur travaillant pour le gouvernement et un journaliste, ont perdu la vie pendant la mission du Canada en Afghanistan. Des milliers d’autres sont revenus au pays avec des blessures physiques ou psychologiques. Leurs familles ont vécu de longues séparations, l’incertitude et le deuil. De nombreux vétérans continuent de subir les conséquences de leur service.

Leur sacrifice fait partie de l’histoire canadienne du 11 septembre.

Ils ont servi afin de soutenir un allié ayant subi une attaque dévastatrice. Ils ont également servi pour défendre des valeurs communes : la paix, la sécurité, la démocratie et la conviction que le terrorisme ne doit jamais dicter la manière dont vivent les sociétés libres.

Honorer les premiers intervenants et toutes les personnes qui ont servi

Le 25e anniversaire offre également l’occasion de rendre hommage aux premiers intervenants qui se sont précipités vers le danger le 11 septembre.

Des pompiers, des policiers, des paramédics, des militaires, des professionnels de la santé et de simples citoyens ont risqué leur vie pour sauver des personnes qu’ils ne connaissaient pas. Bon nombre d’entre eux sont décédés ce jour-là. D’autres ont par la suite développé de graves maladies liées à leur travail sur les lieux des attentats.

Leur courage nous rappelle que, même dans les moments les plus sombres, les êtres humains sont capables d’un dévouement extraordinaire.

Nous nous souvenons également de toutes les personnes qui ont servi au cours des années suivantes : militaires, vétérans, professionnels du renseignement et de la sécurité nationale, diplomates, travailleurs humanitaires, intervenants d’urgence et fonctionnaires. Leur travail s’est souvent déroulé loin du regard du public, mais il a eu des conséquences durables pour eux-mêmes et leurs familles.

Le devoir de mémoire

Un quart de siècle s’est maintenant écoulé. Toute une génération a grandi sans avoir de souvenir personnel du 11 septembre 2001.

Le devoir de mémoire est donc plus important que jamais.

Nous devons continuer de raconter les histoires des personnes tuées, de celles qui sont intervenues et de celles qui ont servi au cours des années suivantes. Nous devons aider les jeunes générations à comprendre comment les attentats ont transformé les relations internationales, la sécurité nationale et la vie de milliers de familles canadiennes.

Le souvenir doit également nous encourager à réfléchir. Le 11 septembre a démontré les conséquences dévastatrices de la haine et de l’extrémisme. Il a aussi révélé la force de la compassion, de la coopération et de la détermination collective.

À Beechwood, le souvenir est une action. Il représente la décision de nommer les personnes disparues, de préserver leur histoire et de veiller à ce que leur sacrifice ne soit jamais réduit à une simple statistique.

Vingt-cinq ans plus tard

En ce 25e anniversaire, nous nous souvenons des quelque 3 000 personnes tuées le 11 septembre 2001, dont 24 Canadiens.

Nous exprimons notre solidarité envers leurs familles et envers toutes les personnes qui continuent de vivre avec les conséquences de cette journée.

Nous rendons hommage aux premiers intervenants qui sont entrés dans des immeubles en flammes pour sauver des personnes qu’ils n’avaient jamais rencontrées. Nous reconnaissons les Canadiens qui ont accueilli les voyageurs immobilisés lorsque le ciel s’est fermé. Nous nous souvenons des membres des Forces armées canadiennes et des civils canadiens qui ont servi au cours des années suivantes, ainsi que de ceux qui ont donné leur vie.

Le Monument commémoratif du 11 septembre de Beechwood demeure une expression durable du deuil, de l’amitié et de la mémoire nationale. Il nous rappelle que la tragédie du 11 septembre a traversé les frontières, tout comme le courage, la compassion et le sacrifice.

Vingt-cinq ans plus tard, le Canada se souvient.

Nous n’oublierons jamais.