De nombreuses personnes ont déjà assisté à des funérailles et réfléchi en silence à ce qu’elles souhaiteraient pour elles-mêmes.
Peut-être s’agissait-il d’une chanson particulièrement significative, d’un texte qui résumait toute une vie en quelques mots, d’une cérémonie traditionnelle et officielle ou, au contraire, d’un rassemblement intime et personnel. Ce sont peut-être les histoires racontées après la cérémonie qui ont donné l’impression que la personne était de nouveau présente, ne serait-ce que pendant un instant.
Ces réflexions sont importantes.
Une cérémonie funéraire constitue l’une des dernières occasions de reconnaître publiquement la vie d’une personne. Elle réunit les proches afin qu’ils puissent vivre leur deuil, se souvenir et commencer à s’adapter à un monde qui a changé.
Pourtant, de nombreuses familles doivent organiser cette cérémonie sans savoir ce que la personne aimée aurait souhaité.
Parler de ses propres funérailles peut être difficile, mais cette conversation peut offrir quelque chose d’inestimable à votre famille : des orientations claires.
Les funérailles sont plus qu’une formalité
Une cérémonie funéraire n’est pas simplement une succession de lectures, de pièces musicales et de témoignages. Elle crée un espace où le deuil peut s’exprimer et où une vie peut être reconnue.
Elle peut refléter la foi, la culture, le service militaire, l’engagement communautaire, les traditions familiales et les valeurs personnelles. Elle peut être solennelle ou porteuse d’espoir, imposante ou intime, traditionnelle ou contemporaine.
Il n’existe pas une seule bonne façon d’organiser des funérailles.
Les cérémonies les plus significatives sont souvent celles qui correspondent véritablement à la personne commémorée. Elles témoignent non seulement de la façon dont cette personne est décédée, mais surtout de la façon dont elle a vécu.
Sans indications précises, les familles peuvent toutefois avoir de la difficulté à déterminer la forme que devrait prendre la cérémonie.
La personne aurait-elle souhaité une cérémonie religieuse? Qui devrait prononcer l’éloge funèbre? Quelle musique devrait être jouée? La cérémonie devrait-elle être publique ou réservée aux membres de la famille et aux proches? Une réception devrait-elle avoir lieu par la suite?
Ces questions peuvent devenir accablantes lorsqu’elles doivent être réglées immédiatement après un décès.
Donnez un point de départ à votre famille
Discuter de vos volontés ne signifie pas qu’il faut planifier chaque minute de la cérémonie.
Il s’agit plutôt de donner un point de départ à votre famille.
La conversation peut commencer par quelques questions simples :
Souhaiteriez-vous des funérailles, une cérémonie commémorative ou une célébration de la vie?
La cérémonie devrait-elle respecter une foi, une culture ou une tradition particulière?
Préféreriez-vous une cérémonie officielle ou un rassemblement plus informel?
Certaines pièces musicales ont-elles une signification particulière pour vous?
Y a-t-il des textes, des poèmes, des prières ou des passages que vous souhaiteriez inclure?
À qui aimeriez-vous confier la responsabilité de parler de votre vie?
Souhaiteriez-vous intégrer des traditions militaires, policières, fraternelles ou communautaires?
La cérémonie devrait-elle être ouverte au public ou réservée aux personnes invitées?
Souhaiteriez-vous une réception où les gens pourraient se réunir et raconter leurs souvenirs?
Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses. Même quelques préférences clairement exprimées peuvent aider votre famille à commencer la planification avec une plus grande confiance.
Faites en sorte que la cérémonie reflète la personne
Des funérailles significatives n’ont pas besoin d’être élaborées.
Parfois, ce sont les plus petits détails qui en disent le plus.
Une pièce musicale préférée peut faire ressurgir toute une vie de souvenirs. Des photographies peuvent illustrer les différentes étapes du parcours d’une personne. Un objet précieux, un uniforme, une médaille, un livre ou une œuvre d’art peut révéler ce que les mots ne parviennent pas toujours à exprimer.
La cérémonie peut faire place à l’humour, particulièrement si le rire occupait une place importante dans la vie de la personne. Elle peut prévoir des moments de recueillement pour une personne qui accordait de l’importance à la discrétion. Elle peut aussi réunir plusieurs traditions culturelles ou spirituelles ayant façonné son identité.
Parler de ces possibilités permet à votre famille de créer une cérémonie qui semble sincère et fidèle à la personne.
L’objectif n’est pas d’organiser un événement parfait. Il s’agit de créer un adieu authentique.
Épargnez à votre famille des décisions difficiles
Le deuil influence notre façon de penser, de communiquer et de prendre des décisions.
Immédiatement après un décès, les familles peuvent devoir choisir un lieu, confirmer une date, préparer une notice nécrologique, sélectionner la musique, choisir les personnes qui prendront la parole et régler de nombreuses autres questions.
Ces décisions doivent souvent être prises rapidement, alors que les membres de la famille sont fatigués, bouleversés ou en état de choc.
Lorsque les volontés de la personne n’ont jamais été abordées, les proches peuvent craindre de faire un mauvais choix.
Ils peuvent se demander : Est-ce vraiment ce que la personne aurait voulu? Lui rendons-nous hommage de la bonne façon? La cérémonie devrait-elle être plus importante? Devrait-elle être religieuse? Qui devrait être invité?
Les membres d’une même famille peuvent avoir des réponses différentes.
Des préférences claires permettent de réduire cette incertitude. Elles n’éliminent pas le deuil, mais elles évitent que celui-ci soit alourdi par des suppositions inutiles.
Tenez compte des besoins des personnes qui restent
Les funérailles devraient refléter la personne décédée, mais elles répondent également aux besoins de celles et ceux qui restent.
Cet équilibre est important.
Vous pourriez préférer une cérémonie intime et privée, tandis que votre famille pourrait avoir besoin de se réunir avec une communauté plus large. Vous pourriez ne pas vouloir que l’on « fasse toute une histoire », mais les personnes qui vous aiment pourraient avoir besoin d’une cérémonie pour vous dire au revoir.
Discuter de ces différentes perspectives à l’avance peut permettre d’établir un plan qui respecte à la fois les volontés personnelles et les besoins des personnes endeuillées.
Une cérémonie n’est pas un geste de vanité. C’est un geste qui crée des liens.
Elle donne aux gens la permission de s’arrêter. Elle leur permet de reconnaître qu’une personne a compté et que son absence sera ressentie.
Réfléchissez à ce que vous souhaitez que les autres retiennent
Planifier ses funérailles nous invite également à nous poser une question plus profonde : quels aspects de votre vie souhaiteriez-vous que les autres perpétuent?
Il peut s’agir de votre engagement envers votre famille, de votre vie professionnelle, de votre foi, de votre sens de l’humour ou de votre dévouement à une cause. Vous pourriez aussi vouloir que l’on se souvienne des moments ordinaires : les repas partagés, les conseils donnés ou la façon dont vous saviez accueillir les autres.
Des funérailles ne peuvent pas résumer une vie entière. Aucune cérémonie ne le peut.
Elles peuvent toutefois en présenter un portrait significatif. Elles peuvent aider les personnes présentes à comprendre ce qui comptait pour la personne et pourquoi sa vie avait de l’importance.
Voilà pourquoi les discussions sur les volontés funéraires sont, en définitive, des conversations sur l’héritage que nous souhaitons laisser.
Consignez vos volontés par écrit
Une fois vos préférences discutées, consignez-les par écrit.
Vos directives peuvent préciser le type de cérémonie souhaité, les lieux possibles, les traditions religieuses ou culturelles à respecter, la musique, les lectures, les personnes qui pourraient prendre la parole ainsi que les organismes qui devraient être informés.
Vous pourriez également préciser si vous préférez des fleurs, des dons à un organisme de bienfaisance ou une autre forme d’hommage.
Remettez ce document aux membres de la famille ou aux représentants qui seront responsables des arrangements. Assurez-vous qu’ils savent où il est conservé et comment y accéder.
Vos préférences funéraires ne devraient pas être consignées uniquement dans votre testament. Celui-ci pourrait ne pas être consulté avant que la cérémonie ait déjà eu lieu. Conservez ces renseignements dans un endroit où votre famille pourra les trouver rapidement.
Il est également important de revoir périodiquement vos volontés. Les préférences, les relations et les circonstances peuvent changer avec le temps.
Entamez la conversation avant que le besoin se présente
Il existe rarement un moment parfait pour parler des arrangements funéraires.
La conversation peut commencer pendant la mise à jour d’un testament, après avoir assisté aux funérailles d’une autre personne ou lors d’une discussion plus générale sur l’avenir. Elle peut s’amorcer par une phrase toute simple :
« J’ai réfléchi à ce que je souhaiterais. »
Cette phrase peut ouvrir la voie à une conversation réfléchie et étonnamment significative.
Les familles peuvent ainsi découvrir des traditions communes, entendre des histoires qu’elles ne connaissaient pas et mieux comprendre ce qui apporte du réconfort aux personnes qu’elles aiment.
Une discussion avec un conseiller en services funéraires ou en planification de cimetière peut également aider à cerner des questions qui pourraient autrement être négligées. Elle donne aux personnes et aux familles le temps de comprendre les options offertes, de prendre des décisions éclairées et d’examiner les coûts sans subir de pression immédiate.
Une dernière expression de votre identité
Une cérémonie funéraire est l’un des derniers rassemblements organisés au nom d’une personne.
Elle mérite une réflexion approfondie, non pas parce qu’elle doit être grandiose, mais parce que la vie qu’elle représente avait de l’importance.
Parler de la cérémonie que vous souhaiteriez permet à vos valeurs, à votre identité et à votre personnalité de guider les adieux. Cette démarche apporte de la clarté à votre famille tout en lui laissant suffisamment de souplesse pour vivre son deuil et vous rendre hommage à sa manière.
Plus important encore, elle remplace l’incertitude par une compréhension commune.
Dire à votre famille ce que vous souhaiteriez n’est pas une conversation sur le renoncement à la vie.
C’est une conversation sur la façon dont votre vie devrait être commémorée.




